Un été militant en Allemagne 1/2- Du côté de Leipzig, entre campement autogéré et communauté agricole biologique

Un été militant en Allemagne  1/2

   Me voilà de retour d’un mois de juillet passionnant outre-Rhin! Entre un camp autogéré du réseau Reclaim the Field, une semaine dans une ferme coopérative et biologique, quelques jours à découvrir Leipzig, « capitale allemande des utopies », et un camp climat d’une semaine et demi contre des mines de charbon à ciel ouvert, je dois bien avouer que je n’ai pas perdu de temps 🙂 Ce mois de voyage sera découpé en deux articles, le premier sur le camp Reclaim the Field et sur mon passage à la ferme collective de Rote Beete, le deuxième sur le camp climat près de Cologne. Bonne lecture!

Sur la route des alternatives: Leipzig, Sehlis et le réseau Reclaim the Field

    Départ en stop depuis Lyon le 8 juillet au matin. Direction? Leipzig, et plus précisément le village de Selhis et le camp autogéré organisé du 7 au 15 juillet par le réseau militant européen appelé Reclaim the Field. Sur son site, le réseau décrit ses militants-es comme étant « Des jeunes paysanNEs, des sans-terre et des paysanNEs en devenir, ainsi que des personnes qui veulent retrouver le contrôle de la production alimentaire. » . Ce réseau militant est organisé de manière décentralisé, non-hiérarchique et horizontale. Il est composé de groupe locaux dans différents pays européens. Il promeut la souveraineté alimentaire, l’agriculture paysanne et le développement d’alternatives au système capitaliste, à travers différents modes de vie et de production alternatifs comme des coopératives, des collectifs, autonomes et autogérés.

    Le réseau et ses militants-es couvrent également différentes thématiques, telles l’accès à la terre, l’agriculture collective, le droit aux semences. Anti-hiérarchique, anti-autoritaire et solidaire, le réseau est ouvert à tous-tes, aux personnes partageant des idées et visions communes, mais aussi aux différents acteurs-trices luttant contre le modèle de production alimentaire capitaliste, et souhaitant agir dans le réel, créant ou se joignant à des initiatives déjà existantes. « Nous voulons mettre nos idées en pratique et relier les actions locales aux luttes politiques globales. » écrivent-ilsEnfin, le réseau tant à promouvoir l’échange de connaissances et d’expériences acquises au fil des années de luttes et de vie paysanne.

    J’ai fait connaissance avec des militants-es de Reclaim the Field l’an dernier, tout d’abords lors d’un passage à la ZAD de la Léo, située alors à Avignon, puis surtout durant un camp climat en Allemagne contre les mines de charbon près de Cologne. Une expérience formatrice pour moi, découvrant deux réseaux écologistes actifs qui regroupent eux mêmes une multitude de petits réseaux militants, d’associations, de membres de collectifs, de communautés, de fermes ou encore de coopératives. Autant dire la panacé pour qui cherche à découvrir des alternatives au système capitaliste. C’est une chance pour moi de pouvoir connaitre ces réseaux, rencontrer des activistes de tout poil, remplis-es d’énergie, de talents, de connaissances et d’expérience. Cependant, je n’ai pas pu militer dans avec le réseau RTF ou celui de Climat Justice durant l’année écoulée, suivant de loin leurs activités, notamment un projet de « caravane intergalactique d’agitation populaire généralisée des possibles et de l’imagination. », partie en mai sur les routes de France, semer projets, bonne humeur, alternatives et idées. Aussi je décidais de commencer mon voyage en Allemagne par ce camp autogéré organisé pour lutter contre le projet de construction de l’autoroute b-87n.

Au camp Reclaim the Field de Sehlis

    Le voyage en stop m’a prit 24h. Le départ de Lyon et l’arrivée en territoires allemands fut rapide, attendant 25min maximum à chaque étape (des stations services surtout). Après être resté bloqué à une station service après Karlsruhe pendant plus de 5h, j’ai pu continuer plus loin et passé la nuit sur une station service, plantant la tente sous des trombes d’eau. Réveil à l’aube, et après trois voitures, dont deux roulant à des pointes de 190km/h (assez flippant au passage), Leipzig pointait le bout de son nez. A peine un tram prit au sud de la ville pour aller à la gare centrale de la ville que deux contrôleurs ne parlant pas anglais me contrôlèrent, puis me firent comprendre que je m’étais trompé de billet de zone (alors que des gens m’avaient aidé pour l’acheter, toutes les indications étant en allemand), avant de me demander de payer 40€ pour cette « offense » car « j’aurais dû comprendre l’allemand », et enfin me conduire directement à 7 policiers devant mon refus de payer cette amende (et surtout l’impossibilité de communiquer avec les contrôleurs). Après négociations et pressions des sept molosses, je lâchais quand même 20€ à ces monsieurs de la peau lisse. Une fois ce boxon terminé, je finissais par trouver les bonnes connexions de tram et de bus, et arrivais enfin vers 13h de l’après-midi au camp autogéré, passant par les champs, et débarquant au coeur du camp tout juste monté.

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                                                                            Vue du camp

    Au centre du camp, une trentaine de personnes, une grande tente soutenue par plusieurs poteaux et ouverte au vent sous laquelle mangent quelques militants, plusieurs petites tentes et infrastructures autour, les toilettes sèches derrière un petit bois, sur une clairière proche, les tentes dans le fond du champ principale, et sur ma gauche la cuisine végétarienne et végétalienne autogérée. Et évidement, en me joignant à la petite file d’attente pour se servir un plat, voilà que je retrouve S., une militante roumaine rencontrée l’année passée au camp action climat et RTF, tout comme 6 autres roumains-es à l’époque. Joyeuse rencontre, pour réaliser que certains-es d’entres eux étaient revenus-es de Roumanie pour ce même camp RTF, plus quelques nouveaux-elles. Au moins 7 militants-es venus-es se perdre à un camp d’action en pleine campagne allemande, venus-es également parler d’un projet de mine d’or dans leur pays, à Rosia Montana, contre lequel ils-elles luttent depuis plusieurs années. Chapeau bas pour leur volontarisme et leur détermination!

    Le camp commence avec plusieurs ateliers sur le réseau Reclaim the Field allemand, certains sur l’occupation de forêt de Hambacher Forst, contre l’extention des mines de charbon, d’autres sur l’économie environnementale, sur l’agriculture locale et soutenable, sur des communautés et des fermes collectives biologiques, comme celle de Rotte Beete, appuyant le camp niveau infrastructure et nourriture, ou bien celle située à 3km de Selhis, à Taucha, où la ferme fait de la biodynamie, suivant les principes posés par Rudolf Steiner. Les journées seront rythmées par repas, débats, projections et ateliers en tout genre. Nous serons entre 100 et 120 au maximum sur le camp, notamment pour la soirée de concerts du samedi 12 juillet, mais resterons souvent à un niveau d’une quarantaine de personnes présentes, permettant de connaitre quasiment tout le monde. Dans le même temps, notons les baignades à poil dans lacs et rivières alentours, l’aide pour récolter et planter des légumes dans les champs de la ferme de la Gemüsekooperative Rote Beete de Sehlis, ainsi que plusieurs actions, dont une journée à Leipzig avec un groupe de samba du collectif Rythms of resistance, journée où nous avons joué le matin dans une manifestation type techno-parade défilant en soutien aux migrants (thème de cette semaine annuelle de fêtes, musique, concerts et manifestations), et l’après-midi au coeur de la ville, interpellant la foule en jouant, et distribuant des tracts pour informer du projet d’autoroute. Une journée qui fut bien sympa et active, mais qui se finira en demi-teinte au parc situé devant la gare centrale de Leipzig, où nous avons vu se dérouler autour de nous une opération policière de grande envergure pour arrêter tous les dealers du parc. Plus de 25 personnes arrêtées, et des policiers en nombre fouillant tout le parc, et arrêtant en faisant du délit de faciès à plein. Moral dans les chaussettes en voyant ça. Heureusement qu’un super concert de cuivres avait lieu dans la nuit pour nous redonner le sourire!

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                                               Dans les rues de Leipzig, la batoukana en action

    Le dimanche 13 juillet, c’est plus de 100 personnes qui ont enfourché un vélo, batoukana inclue, pour aller faire une vélorution en campagne et dans les villages alentours, pédalant plusieurs kilomètres à chaque fois, et entrant à pied, batoukana en tête, avec une banderole au slogan de « Food not Highway/De la nourriture, pas d’autoroute » sur laquelle une main tenait fermement une carotte rompant une panneau signalant une autoroute. Arriver en fanfare et en vélo un dimanche matin dans un village pour distribuer des carottes aux habitants, les inviter à un goûter au camp pour l’aprem et parler du projet d’autoroutes impliquant leur village, voilà une chouette manif’, musicale, avec bonne humeur et énergie!

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    Pendant la vélorution rurale. Sur la banderole « De la nourriture, pas d’autoroute »

Fin du camp, et début d’une semaine de travail à la ferme collective de Rote Beete

    Le camp dura donc une semaine, pour finir avec le démontage du camp mardi 15 juillet. Une bonne expérience de plus pour ma part, avec as usual de nombreuses rencontres, des soirées de débats, ou bien de superbes sessions musicales voix/guitares de plusieurs heures autour d’un feu de camp, avec le ciel étoilé comme toit.

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                                            Démontage du camp, trampoline inclus

    Le mardi, après avoir hésité sur la suite du programme, notamment sur l’idée d’aller passer une semaine à l’occupation d’Hambacher forst près de Cologne, ou quelques jours dans la petite ville de Witzenhausen où 700 étudiants apprennent l’agriculture biologique, je décide de rester à la ferme Rote Beete, tout comme deux amis-es roumain-e. Il faut dire que l’endroit a quelque chose d’attirant, de calme, et les habitants de cette ferme sont tout bonnement très chaleureux-euses. Plus de 11 personnes vivent dans à la Gemüsekooperative Rote Beete, dont 2 familles et quatre enfants. Ce projet de coopérative de fruits et légumes biologique est en route depuis trois années, durant lesquelles le projet a grandit, les différents vieux bâtiments du corp de ferme ont été retapés petit à petit, le jardin d’environ 5-6 hectares voit pousser pommes de terre, courgettes, choux, salades, céleries, fenouil et haricots, tandis que deux serres (avec bâches en plastique) abritent tomates, aubergine et haricots.  Le réseau coopératif s’est aussi étoffé, avec plus de 8 points de distribution existant, dont 7 à Leipzig. Environs 200 paniers sont distribués chaque jeudi (60€/mois, 15 euros/semaine, avec possibilité de donner plus ou moins). En tout, entre 300 à 500 personnes bénéficient des fruits et légumes cultivés, notamment dans les « houses projects » en pleine expansion à Leipzig.

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                                                                     Basse-cour de la ferme

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                                                                       Dans les champs

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Distribution à Leipzig

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                                                             Un des points de distribution, dans un « house project »

Petit détour par Leipzig, la « ville des utopies » en Allemagne

    Ces « projets de maisons », ce sont des maisons/immeubles vides depuis longtemps (la ville de Leipzig en est remplie, et les immeubles vides et/ou abandonnés emplissent parfois des rues entières), qui sont rachetées par des collectifs de personnes, souvent des militants-es politiques. Les maisons entrent en gestion collective, et les projets sont rattachées au syndicat des houses projects, se chargeant d’empêcher que des maisons retombent dans le marché de l’immobilier. L’idée est de les en faire sortir justement, et promouvoir des lieux d’habitats collectifs abordables côté prix, lancer des activités en tout genre, des ateliers, des lieux d’apprentissage, de rencontres, des scènes musicales, des locaux pour collectifs et différents groupes politiques et citoyens. Une maison est par principe partagée, ouverte, collective, avec des projets portée sur les alternatives, la relocalisation de la consommation, de l’artisanat, et offre des possiblités de logements en location.

Cependant, de ce que j’en ai compris, un projet d’achat de maison collectivement est une énorme responsabilité (ex. d’achat que j’ai vu: une maison à 80.000€, mais avec 500.000€ de rénovations), qui peut amener à devoir rembourser un onéreux prêt sur 10, 20, 30 ans parfois (auprès de banques « responsables » semble t-il). Si une personne commence un projet, et verse une somme donnée pour l’achat et les réparations, elle devra ensuite également payer un loyer au collectif de l’immeuble, et ne récupèrera rien (principe d’usage des lieux, et non de propriété) si elle venait à partir ailleurs. De plus, un projet aussi long demande beaucoup de temps, des décénies, et focalise l’énergie d’un collectif sur un lieu unique, qui n’est pas à l’abris d’être dans le futur racheté par une banque. Le développement des House Project a également contribué à l’essor de la gentrification dans différents quartier de la ville, notamment celui de Connewitz, où d’anciennes usines de métallurgie ont été réaménagées. La question de « l’institutionnalisation » des Houses projects et la légalisation de certains lieux libres et autogérés fait également débat à Leipzig. Dans le même temps, le mouvement squat à Leipzig, comme dans de nombreux endroits en Allemagne, a été fortement réprimé, les squats ouverts pouvant être évacués en moins de 24h. Deux seulement existeraient en ce moment dans la ville.

Ces projets de maisons collectives sont en tout cas assez intéressants. Un autre moyen pour se loger différemment existe également à Leipzig, ce sont les wagon platz (plus d’une dizaine dans toute la ville), des terrains squattés ou légaux, où vivent des dizaines de personnes, principalement dans des camions, caravanes, et vannes aménagés en lieux de vie. Parfois ils ont l’eau et l’électricité, parfois il faut faire sans, et se démerder. Dans ces lieux alternatifs se développent une importante culture underground, politique, artistique et musicale, souvent liés à différents réseaux militants. J’ai pu aller faire ma seule soirée à Leipzig un samedi soir, après une après-midi à jouer dans l’équipe du Selhis rouge (les gens de la ferme, et de Selhis) à un tournoi de football en soutien aux migrants, puis après avoir fait un brin de baignade nudiste dans « la mer », un lac accolé à la ville (ancienne mine de charbon, il y en a plusieurs autours de la ville réaménagées comme de rien n’était).

La soirée se passait justement dans un assez grand wagon platz, avec une scène et des concerts jusqu’à 5h du matin, une décoration bien sympa pour l’occasion, un coin feu, de nombreuses caravanes ou remorques aménagées, dont une en salle de théâtre où fut joué toute la soirée un sketch absurde finissant seulement si quelqu’un appuyait sur un énorme bouton stop (la sirène hurlante dans la roulotte à la 15ème minutes donnait le coup de grâce en générale), une piscine avec tobogan autoconstruit dans une remorque, et une foule nombreuse. Longue soirée animée, jusqu’à 9h pour ma part, avant de suivre un petit groupe (dont une pote polonaise rencontrée à Londres, puis ce soir là par hasard) dans un ancien entrepôt squatté puis légalisé, devenu une sorte de grand House Project, où étaient hébergées une centaines de personnes en tout genre, des cyclistes militants-es, des punks de toda la vida, des squatteurs-euses tous-tes venus-es pour le rassemblement de plusieurs jours appelé « Bike war », où ces militants-es ont participé à diverses manifestations, dont la dernière fut une mêlé poussiéreuse généralisée de vélos en tout genre qui finirent défoncés par leur propriétaire temporaires. De sacrés dingues bourrés-ées d’énergie (parfois d’autres choses aussi), la fête continuait encore à 10h du matin dimanche avec des cinquantaines de personnes dans une cours intérieure de l’entrepôt où se voyaient en nombre les ilôts de bouteilles. Au loin, dans un quartier voisin, une rave party en pleine rue continuait de résonner dans la ville encore endormie (sauf pour les voisins de la rave, qui semblaient cependant apprécier le son).

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                                                    Piscine et toboggan dans un wagon platz

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                                           Exemple de wagon auto-construit (en 5 mois pour celui-ci)

Retour à la communauté agricole de Rote Beete

    Le dimanche après-midi, je me rendais à pied, 1h à déambuler dans la ville, à une réunion des adhérents-es de la coopérative de la ferme Rote Beete. Cette réunion visait à discuter des futurs statuts pour la coopérative. En effet, selon la loi, seul l’initiateur du projet, Yann Félix, une personne formidable au passage, avait si j’ai bien compris les droits sur la coopérative pendant une période obligatoire de 3 ans. En 2015, cette période prendra fin, et les membres de la coopératives travaillent depuis plusieurs années déjà pour faire de cette coopérative une expérience autogéré, au fonctionnement non-hiérarchique, horizontale, participatif, fonctionnant sur les principes du consensus. Les adhérents sont invités à venir au moins trois fois par an à la ferme de Selhis pour aider aux semis, récoltes et travaux comme la reconstruction des bâtiments. Mais chacun-e fait comme il peut. De même, pour la financiation de la coopérative, une assemblée générale a lieu chaque année pour définir le budget, le salaire des ouvriers agricoles et jardiniers, au nombre de 6, qui sont des habitants-es de la ferme. Durant l’assemblée générale annuelle, le budget de la coopérative est définit selon le don de chaque adhérents-e. Chacun-e écrit anonymement sur un papier le prix qu’il est prêt à payer pour aider au financement du budget annuel. Si on atteint la somme donnée, impec’, sinon, on refait un tour jusqu’à y arriver. La coopérative se développe en tout cas assez bien, et les adhérents-es que j’ai pu rencontrer sont très motivés-ées par le projet. Dans le même genre, je tiens à vous signaler une autre coopérative dont j’avais entendu parler l’an dernier, la gardencoop de freiburg. Riche de près de 300 adhérents, elle développe un modèle similaire et réussi d’agriculture solidaire et biologique. Je vous recommande d’ailleurs à son sujet le très bon documentaire « La stratégie du concombre tordu ».

Les habitants de la communauté de Rote Beete de Sehlis se sont avérés être des personnes passionnées, engagées, sympathiques et investis à fond dans ce projet. Je ne regrette pas ce séjour inattendu dans leur ferme, et vous la recommande si vous veniez à passer dans le coin! Pour ma part, après une semaine de travail aux champs entrecoupé de moments de détentes, baignades, repas, discussions et débats, je reprenais finalement la route en stop mercredi 23 juillet afin de me rendre près de Cologne, pour aider à la mise en place du camp action climat contre les mines de charbon de la région. Mais ça, c’est pour le prochain article 🙂

Quelques liens pour aller plus loin:

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